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emily et sa main

... comme emily, j'attends le Temps, quand il se présente disponible—tendre ou sévère

dans l'intention, je n'introduis aucune politesse ; dans l'immédiateté, je ne diffère aucun sentiment ; je cherche la rugosité et la souplesse du Vivant quand il s'invente... selon l'Immanent

comme emily, je m'abîme en différant ; comme elle, je resurgis en me raccordant

je ne parle de rien

je ne me surexpose qu'en conscience dans le Blanc ; pourquoi portait-elle du Blanc ? exclusivement

pourquoi se dévouait-elle tant ? patiemment... au chevet de sa mère ; elle, si sincère

pourquoi suis-je encore si peu 'cela' ? si peu rangée, si peu sage moi-même ? je sens le bouillon et la passion ; je sens la lourdeur et la fadeur—sans trop de distinction

il y a les zones franches, et celles de confusion

je ne suis aucunement 'propre' sur moi-même ; le goût de la terre, je l'ai, installé dans la bouche, constamment—mélangé à des paroles vagues ou affirmées, indolores ou rebelles, consenties ou déplorées

mes mondes l'un de l'autre sont si différents

je ne constitue pas mon axe majeur—en dehors du geste présent, qui fait mon bonheur

je quitte la Poésie

l'air est doux ; la voix est claire ; l'entrave est absente... hier, accablante

les sons travaillent notre cerveau dans l'harmonie des ondes—musicales et cellulaires

le réveil, progressif et tendre, prend lentement son essor... c'est un décollage ouaté et lunaire, propice aux sensitivités ascensionnelles et déchirantes

je me tiens prête

c'est le fruit du Tantra

l'immonde, un temps repoussé et caché dans le réservoir des attentes malignes

...

et il y a ceux qui y vont ! qui, franchement, se font du mal pour le mieux des autres ; qui se donnent avec coeur à la situation, qui plongent dans la douleur du prochain et se perdent dans l'acte sauveteur

sans ivresse, il se fondent dans la demande de ce qui vient, qui crie et qui appelle, chaque fois selon des tons différents

tout comme leur action, ils sont éphémères ; tout comme leur efficience, ils sont infinis... dans le Bien

ce que j'écris est une culpabilisation authentique : mais aussi une comparaison inutile et une désincarnation malheureuse ; un déplacement stupide, une exclusion faussée, une désillusion pauvre

chacun, même moi !—là où je me sens faible, surtout

chacun, même toi !—là où tu te trouves, radicalement