le silence est le seul qui ne répétera pas les mots, déjà entendus
la musique se lasse, s'alanguit, se tasse et s'assourdit ; on ne l'entend plus que déformée par nos souffles dissipés, désynchronisés
... qui reprennent leur liberté et se disloquent dans les velléités
je remets le casque pour rassembler mes forces et repartir de la bonne oreille... dans l'aléatoire des rythmes syncopés
je descends dans l'antre du loup, dans le creux de rien : à l'intérieur, il se passe si peu ; il semblerait même que les dieux en soient 'jaloux'
cet état de demi-mesure envahit tout ce qu'il nous reste à vivre de commun et de grossier, de lourd et de fastidieux, de grotesque et de fascinant
je m'isole un peu plus encore pour regarder surgir le geyser du fond : il suffit d'approfondir ce qui, en nous, n'existe pas apparemment
qui que l'on soit, on verra toujours apparaître l'aura du mystère et affleurer l'identité du Soi
quoi que l'on quête, tôt ou tard, on infiltrera l'or des manèges, le pourpre de la mer et le bleu des nuages
la pose du gourou sur nous n'aura plus prise, car nous serons devenus plus immanents que lui encore—moins volontaires et moins conscients aussi