je ne suis plus capable d'autant de mots alignés, d'autant de courbes croisées, d'autant de reliefs juxtaposés
le silence blanc a pris possession de moi—assourdissant ; il contient l'or de toute relation ; il vaporise la connaissance en mille gouttelettes à l'éclat d'eau : on se mire dedans
la légèreté est mon maître, parce que son sourire est innocent
quelque chose d'originaire vient frapper la pureté de nos sensations ; nos émotions sont subtiles : j'entends leurs sons... qui tintinnabulent dans la fraîcheur du courant
on se transmet ; je ne sais quoi 'se transmet' dans le diapason de l'altitude médiane
on respire ; je nous devine tous 'respirants' comme une forêt d'identités, les unes les autres juste côtoyées
nos couronnes de timidité, là où nos présences se frôlent, nous obligent chacun à ne pas nous affaisser, à ne pas nous étaler
... à nous tenir en notre noyau—libre et modéré, relié tant par la verticalité de nos anatomies que par l'horizontalité de nos vibrations
le schéma de nos solidarités se fend dans la mouvance de nos autonomies, et bouge globalement dans l'ensemble harmonisé
côte à côte, au dedans de nous et au-delà de nous, nous existons, et quelque chose du "un" dans la multiplicité se répond