je ne suis plus capable d'autant de mots alignés, d'autant de courbes croisées, d'autant de reliefs juxtaposés
le silence blanc a pris possession de moi—assourdissant ; il contient l'or de toute relation ; il vaporise la connaissance en mille gouttelettes à l'éclat d'eau : on se mire dedans
la légèreté est mon maître, parce que son sourire est innocent
quelque chose d'originaire vient frapper la pureté de nos sensations ; nos émotions sont subtiles : j'entends leurs sons... qui tintinnabulent dans la fraîcheur du courant
on se transmet ; je ne sais quoi 'se transmet' dans le diapason de l'altitude médiane
on respire ; je nous devine tous 'respirants' comme une forêt d'identités, les unes les autres juste côtoyées
nos couronnes de timidité, là où nos présences se frôlent, nous obligent chacun à ne pas nous affaisser, à ne pas nous étaler
... à nous tenir en notre noyau—libre et modéré, relié tant par la verticalité de nos anatomies que par l'horizontalité de nos vibrations
le schéma de nos solidarités se fend dans la mouvance de nos autonomies, et bouge globalement dans l'ensemble harmonisé
côte à côte, au dedans de nous et au-delà de nous, nous existons, et quelque chose du "un" dans la multiplicité se répond
j'ai mal à mon jardin ; je l'adapte aux circonstances... de mon corps souffrant
les autres corps, environnants, se stabilisent dans l'immobilité vivante de leur expérience assise—particulière et courante
la mienne voit advenir ce qui se corrèle dans l'évènement—ni dehors, ni dedans
en moi s'installe alors quelque chose de blanc—encore et encore : blanc
sans discrimination
dans l'accueil cotonneux de celui qui, sensible, protège... et ses graves, et ses aigus
on descend dans le Tantra qui se vit, au sein de l'ordinaire, en pleine pénétration... de l'air
rien simplement rien
tout simplement tout
entre les deux
le lien, entre nous, illimite l'espace transparent ; le lien, entre toi et moi, illumine l'émergence dorée
l'or noue le deux en un "un", unité Bouddha blanche, qui essentialise et soutient
l'or imprime son impesanteur nacrée
l'ensemble n'est "ni un, ni deux" ; l'ensemble est le tout, et change de nature, englobant la diversité du deux premier
on ne sait jamais ce qui advient, mais cela vient, et se manifeste comme mandala souverain, plus que la somme des chacun.s
ma présence est faite de la tienne ; ta présence puise dans la mienne
à nous deux, nous devenons "autres", davantage nous-mêmes dans le Nouveau
le ciel se gagne à l'épreuve du feu ; l'air apparaît dans le volume des étincelles ; l'espace par la flamme s'habite tout entier
le jaillissement n'existe... qu'entre nous, chancelants dans CE temps, entre le rien et le tout, dans la profondeur du sans-fondement, qui, de l'un à l'autre, nous attire tant
un, parce que deux
j'y suis parce que "toi", tu es là
l'un et l'autre, nous tenons nos apparitions en de fragiles moments—sans autre distance entre nous que la possibilité de notre mouvement, lequel imperceptiblement fait relation
de l'ouverture à l'effraction, nous nous répondons... selon l'arc du grand 'cercle créateur', selon la pointe 'alter' qui intimement nous pique et nous atteint, nous déclenche et nous révèle
nos perturbations ne sont que 'créations'... pour que, dans l'atmosphère, quelque chose de subtil se soulève, nous enveloppe et nous appelle
le très simple Tantra
le très authentique Vajra
... dans l'ajustement du tranché et de la rondeur, dans l'équilibre de la frontière et du lien, dans la dynamique de la partie au sein de la totalité—sans fusion des spécificités
le mandala est Tantra, en cela que ce lieu de frottements se régénère dans la puissance partagée : aucun isolement
les verticalités se co-contraignent sans jamais s'abîmer ; les miroitements entre elles sont infinis dans le fini ; l'endroit horizontal est protégé
mon Tantra est communautaire—rutilant de nudité, resplendissant de vérité, déconcertant de vacuité
l'évanescence se capte dans les rebonds—rouges, bleus, jaunes, verts,... jamais blancs
ma blancheur les absorbe en fréquence et en granularité : elle les peint, sans les articuler
ma blancheur les dissout dans le flou corporé : elle les neutralise dans sa dimension incarnée
de mon rouge, 'rose' je deviens... dans le coeur de ma déroute, dans le plein de mon sentiment et dans l'absence de ma mesure
familiers, chauds et lumineux, vos 'jaunes' à ma portée évoluent : progressivement vos attentions convergent et lentement vos chaos se synchronisent
en vous, y a t-il un moment plus précieux qu'un autre ? une anormalité plus évidente qu'une autre ?
... une adversité moins prégnante ? un glissé mieux ciré ?
c'est l'arrivée sans attente : la suspension acceptée, la charge désamorcée, la tension redirigée, la joie accueillie et l'entente inspirée
le laisser-venir un temps vide la substance, pour contenir la vague dans un remplissement soudain d'altérité
alors, soi-même, dans la réceptivité, on est complet