le summum de la perdition, c'est quand, sans plus toucher terre, on va jusqu'à altérer le sens même de la conduite en vol
les ailes claquent en des mouvements saccadés et déstructurés, retournés et vrillés, sans aucune stabilité sur l'air
pas d'appui ; une voile qui gondole et frappe au vent violent ; ça cogne dans le néant... l'inconsistance du vide est plus forte que la résistance de la matière
on se tord ; on se mord ; on s'abîme
on se convulse et on se s'expurge ; on se démène et on râle... de douleur et de peine
le travail vain n'en voit pas la fin ; le jour s'intensifie en une lumière brûlée par l'éclat des Anges : leurs flancs sont de satin et brillent dans la cadence
Ils émettent un dernier cri salin et se pandiculent en un dernier geste fier, puis éteint
Ils me regardent l'air hagard ; leurs grands yeux éprouvent une terreur spectrale, magistrale, fondamentale ; ce sont les dernières minutes d'eux
... les derniers instants de vie à deux, de monde heureux
que voient-ils ?... de sanglant ou d'anonyme, de dangereux ou de masqué ?
sur quel oxygène, encore, fondent-ils leurs chants ?... puisque l'Amour porte son angle mort, puisque l'amant déjà nu néglige de se déshabiller