une histoire qui n'a pas de fin ne peut être conclue sans entrain ; or, je le cherche, contrainte à me feutrer derrière l'univers
je ne connais plus ma propre histoire... autrement que dans le reflet de son possible mystère
je n'approche plus la circonstance du présent qu'en la faisant miroiter au fond de ma tasse de thé
la tristesse pique du nez ; l'incertitude crampe tout prélude ; la moiteur trempe l'angoisse ; la sécheresse racle le lendemain
on attend... que revienne l'amant, dans la tendresse qu'on lui connaît, dans la fougue que l'on sait inscrite en lui ; on croise les deux : on se lie
j'éteins les lampadaires, un à un ; j'allume de petites bougies, une à une
je me replie sur le pavé pour transfigurer mon amertume ; je ne fais pas de bruit et ne prends pas la plume
je lisse mes pas dans la ruelle, qui me guide vers toi : je te vois ; je fais un voeu : je te veux
la lueur des flammes allonge nos ombres sur les murs, qui nous murmurent des paroles sans voix
je ne m'identifie bien que dans toi, qui encore me tiens par la main, sur nos deux chemins
je souffle sur son papier—sur son blanc et sur son noir, sur son symbole et sur sa renverse ; je respecte sa peur ; je sens sa confiance
... elle revient d'instinct, comme un chien au flair précis et singulier