on se trouve dans un salon, campagnard et cossu, confortable et généreux
on ne se sent pas spécialement d'écrire, mais on le fait quand même
on assemble ce qui nous aide à tenir debout et à dormir sans absurdité
on respire ce qui nous prédispose à la stabilité, à la tendresse, à la positivité
on souffle sur l'inconstance de l'information qui nous berce ou nous heurte ; on est court ; on est clairvoyant
les roses nous rappellent la jeunesse de ces filles toutes fraîches et toutes uniques
... prolifiques et matures
on est en admiration ; on est en fusion... avec le temps de quand on ne faisait pas encore semblant d'être pur ou grand
le temps qui nous propulse dans une spirale en avant, loin de l'origine de nos vingt ans
on est singulier et on est solidaire de ces pousses prometteuses qui verront plus loin que nous demain, et qui illuminent déjà des âges plus sereins
on se forme ; on cherche sa constante ; on résiste aux semonces ; on s'absorbe par le haut
on tient sa dynamique, tout en lâchant du leste ; pas à pas la fluidité du ruisseau nous accompagne
les hautes herbes embrassent les fleurs des champs—rouges, jaunes ou violettes, et nous enchantent ; c'est libre et mouvant ; vivant et émouvant
dans le dedans des conjectures, on s'attache à faire bon coeur et à s'ouvrir à qui nous accueille, en grand
on s'évertue à découvrir ce qui nous tend vers l'autre et nous écartèle d'amour
volontairement, on alimente les flux qui indisposent les angoisses, dont on ne veut pas
les flottements sont malvenus, mais on les prend
la hanche déboitée, on se projette dans l'instant intelligent, sans considération pour sa fatigue... à vivre avec soi
on s'intéresse aux gens—qui se racontent sans déraison, ni faux-semblant
on s'imagine comme un 'contenant'—capable d'encaissement, dans un élan maternel pour la réalité
on s'envisage sage—détaché des sujets trop serrés ou trop questionnants
on a mal aux dents ; pourquoi les rendre blanches pour autant ? de toutes les manières, elles sont salées
on voudrait s'emmener... quelque part sans misère, au fond du potager, parmi les tomates vertes
on s'insurge contre la folie maîtresse qui, à terme, condamne la Vie et nous entame les nerfs
on exprime ce qui nous chamboule et on internalise nos rengaines
tout se dissémine sans peine : on ne sait même plus ce qui nous amène
parler réconforte en nous ce qu'il y a de plus incertain et de plus câlin
je suis thérapeute ou je ne suis rien
je ne m'aventurerai jamais plus en si bonne compagnie et en si bon chemin
je ne m'extasie plus que sur les oeuvres—diffractées en autant de forces humaines, familières et désespérées
les couleurs éclatent et les symboles se marquent... de braises ou de sang
cela devient 'abstrait', dans la joie comme dans le tourment ; plus un pas devant ; c'est la fin du levant ; une parjure au néant
cela se repère dans les yeux de ceux qui nous regardent par l'objectif aurique
ils ne savent ce qu'ils y puisent ; les ressources se partagent dans un élan de paix ! dans un suintement de larme, dans une fusion de flegme
tout est doux à la voix
tout est entendu sans secret, dans le mystère des inscriptions—codées pour la cause
dans le flux et le reflux des langueurs, on nage sans comprendre ce qui advient, ce qui contient, ce qui détient
tout file à la mer, sans retenue dans l'amère : on s'épuise à lire ce que l'on ne capte pas de nous et de moi
c'est bientôt la fin de l'éden et de son apogée en nos fibres : nos Anges ont admis qu'ils resteraient discrets
ils se plaquent à nos états, pour les digérer
ils s'imbibent de nos dissolutions, pour les évacuer
on passe... dans la rivière froide remplie de pierres et de vases
on s'espace dans l'élément inconsistant et délicieux : on se dénonce comme un aveu ; c'est redondant avec nos voeux
c'est certain, on a faim... de délires et de dieux ; on est odieux ; on est malin—trop contraint
on m'attend dehors pour finir les fiançailles avec la mort—puisque c'est ainsi que tout se grise et se parfait
on y est