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... dans les combes

les combes se retrouvent seules, d'avoir trop vocalisé sur des ondes centenaires

les combes se savent habitées, du seul animal encore parfois bien disposé

il avance sur le sentier à pas de loup ; il guette le son qui le dirigera, vers une source peut-être ; il ne s'embarrasse d'aucune saison : toutes l'accueillent dans un écrin de flocons, dans un faisceau de rayons

les couleurs des combes deviennent vives : l'eau, les conifères, l'humus et le soleil sur leurs flancs reluisent

tel un métronome, chaque aiguille tressaille et se dresse au bruit de l'appel : au diapason, quelque chose l'ensorcelle

les combes comblent leur être viscéral—à la silhouette invisible, au feutrage inaudible, à l'ombre invincible

les pins et leurs pommes alors tombent de douleur

trop de regrets dans le deuil de la cascade ; trop d'abstinence dans le renoncement aux feux-de-joie

un seul foule le périmètre et réactive la forêt—qui respire, triste et bannie, recluse et honnie

son sombre, la nuit, fusionne avec la pluie

son clair, de jour, frisonne avec l'envie

les murs sont froids

les murs sont froids

les artères sont calcinées ; leurs gangues épaisses sont grossies, puis brunies

les tortues, recroquevillées à l'intérieur de carapaces consumées, désespérément tentent de se survivre

en se repliant, en se serrant, en se blottissant, en se concentrant... autour d'un noyau imaginaire, coeur de leur dureté à être

elles tiennent au Vivant, en végétant dans un entre-deux mi vital, mi agonisant

seront-elles là demain ? tout comme toutes les autres créatures de la garrigue entraînées dans la danse du feu, leur âme-nature a-t-elle souffert autant que leur corps offert ?

leur don... pour un humain, rien qu'un humain... défaillant, ignorant, veule et malsain

un simple mégot de cigarette enflamme le papillon, et atteint le centre de la terre, en ce qu'il congestionne l'extinction

ici, les murs sont froids

seule, j'appréhende le monde, et la Vie éclate et s'éteint ; la communauté, dissipée, ne répond plus ; l'altérité se couche comme le sable du désert ; entre mes doigts, elle file toujours plus vers l'avant