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plus rien n'est grand

le souci se remplit de virtualités, comme autant de scories du passé

le souci accapare nos demi-mesures, nous interdisant de franchir ouvertement l'obstacle—qu'on ne voit pas

je ne sais ce qui se dit, ce qui se pleure, ce qui retient le matin et creuse le lendemain

je ne sais ce qui m'appartient... ce qui lui revient

je ne sais... où je pose mes pas, où j'accumule mon karma

elle, si puissante, dans la tourmente ; elle, si câline, dans la demande

moi, juste là... interdite de neutralité et scrutant la bienveillance de la situation, la naturalité des sentiments, la complémentarité des émotions, le respect des expressions

lui, si net... si flou... de nous

lui, si silencieux, si refusé ; lui, si audible, si impliqué... soudain !

nous deux, catastrophées—à la manière de deux 'animales' en suspension... en question, en imagination, en crevaison

nos membres tremblent de déraison, libre et opportuniste : j'actionne la manivelle et me lève définitivement vers le ciel ; seule, j'annonce mon amour et mon leurre

on peut donner

le silence est le seul qui ne répétera pas les mots, déjà entendus

la musique se lasse, s'alanguit, se tasse et s'assourdit ; on ne l'entend plus que déformée par nos souffles dissipés, désynchronisés

... qui reprennent leur liberté et se disloquent dans les velléités

je remets le casque pour rassembler mes forces et repartir de la bonne oreille... dans l'aléatoire des rythmes syncopés

je descends dans l'antre du loup, dans le creux de rien : à l'intérieur, il se passe si peu ; il semblerait même que les dieux en soient 'jaloux'

cet état de demi-mesure envahit tout ce qu'il nous reste à vivre de commun et de grossier, de lourd et de fastidieux, de grotesque et de fascinant

je m'isole un peu plus encore pour regarder surgir le geyser du fond : il suffit d'approfondir ce qui, en nous, n'existe pas apparemment

qui que l'on soit, on verra toujours apparaître l'aura du mystère et affleurer l'identité du Soi

quoi que l'on quête, tôt ou tard, on infiltrera l'or des manèges, le pourpre de la mer et le bleu des nuages

la pose du gourou sur nous n'aura plus prise, car nous serons devenus plus immanents que lui encore—moins volontaires et moins conscients aussi

ce qui est vécu est vécu

perdue, rigoureusement 'ici'

et pourtant, en même temps, on sent le vent tourner, l'atmosphère virer, la planète vaciller, le climat péricliter

quelque chose de déstabilisé pointe le bout de son nez

quelque chose de dénaturé se présente, à portée de frisson et de suggestibilité

quelque chose de gigantesque s'apprête à nous accabler

... alors que nous ne sommes encore aucunement à l'unisson préparés

on se grise par surprise et on détourne les conversations, pour subtilement se glisser dans l'illusion

tout fout le camp

réellement, dans le miroir, on ne se reconnaît plus... peut-être, d'ailleurs, ne s'est-on jamais véritablement un jour "connu.e" ?

tout se dérègle au dedans, comme au dehors : les paradigmes changent pour un monde différent—dont on ne connaît rien du potentiel destructeur... ou réparateur

dans tous les cas, on ne croit qu'aux travers des circonstances et qu'aux forfaits des hommes ; ce qui infailliblement prolonge notre doute et augmente notre trouble