en soi, puiser la source du ventre endolori, de la poitrine serrée, de la gorge séchée
les voies respiratoires écoulent un souffle sourd et court, un râle grave et puissant
je lévite au pays de l'inconstance, dans les neiges de l'ignorance, soutenue par un air peu portant
je virevolte de manière dissociée, ne me rattrape à rien... de nous
les moineaux autour de moi se sont dispersés : ils ne reviendront plus
seule, en mon âme robuste, je m'écroule : dans l'intime, je me rétracte et m'enroule, comme un poussin dans son oeuf ; mon oeil, ma lucarne, ne distingue plus rien de mal ou de bien : il ne sait
il persiste à s'obscurcir et, comme pris au piège d'une cataracte, il se sensibilise au pur 'dedans'—avec ses crépitements et ses scintillements
aucune forme ; aucune couleur : tout est blanc, opaque et aveuglant
...
et puis, vient l'accalmie : je me laisse couler dans la détente, et jouir dans le coeur abandonné au vivant
je n'ai plus peur ; je ne cercle plus mes terres blanches et caresse mes humeurs rosées
la Tendresse ouvre des espaces—auprès desquels se délecter, au fond desquels se blottir... pour ne plus rêver
la Tendresse accapare mes perspectives... modestes, accompagne mes délivrances... sincères : la poche rompue fuit de tout son venin, de tous ses câlins