Affichage des articles dont le libellé est aimer. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est aimer. Afficher tous les articles

tu es un chat

en soi, puiser la source du ventre endolori, de la poitrine serrée, de la gorge séchée

les voies respiratoires écoulent un souffle sourd et court, un râle grave et puissant

je lévite au pays de l'inconstance, dans les neiges de l'ignorance, soutenue par un air peu portant

je virevolte de manière dissociée, ne me rattrape à rien... de nous

les moineaux autour de moi se sont dispersés : ils ne reviendront plus

seule, en mon âme robuste, je m'écroule : dans l'intime, je me rétracte et m'enroule, comme un poussin dans son oeuf ; mon oeil, ma lucarne, ne distingue plus rien de mal ou de bien : il ne sait

il persiste à s'obscurcir et, comme pris au piège d'une cataracte, il se sensibilise au pur 'dedans'—avec ses crépitements et ses scintillements

aucune forme ; aucune couleur : tout est blanc, opaque et aveuglant

...

et puis, vient l'accalmie : je me laisse couler dans la détente, et jouir dans le coeur abandonné au vivant

je n'ai plus peur ; je ne cercle plus mes terres blanches et caresse mes humeurs rosées

la Tendresse ouvre des espaces—auprès desquels se délecter, au fond desquels se blottir... pour ne plus rêver

la Tendresse accapare mes perspectives... modestes, accompagne mes délivrances... sincères : la poche rompue fuit de tout son venin, de tous ses câlins

dans la paix pour nos prochains

la paix est là

la douceur du coeur et l'intériorité de l'âme ; mon eau est limpide et fraîche ; son suintement lisse et sonique

je descends dans les profondeurs et m'aventure vers la chorale aux mille chants

les parois de la roche me guident : elles sentent l'humidité des grottes dans la frilosité ambiante ; il n'y a pas de moisi

le Centre de mon univers est solaire ; mais pour y accéder, il me faut en passer par le froid, les méandres et les glissements

mon pas n'est pas assuré : je suis mal chaussée

des escaliers

avec une rampe ; je m'enfonce sans trop de lumière, attirée par le seul son... 'alpha', de la mission du même nom

le labyrinthe se poursuit : il ne me fait pas peur ; je suis prise par la Terre ; je pénètre son ventre secret et accueille ses convulsions

car la chair autour est vivante et les vaisseaux désormais giclent le sang : je ne me noie pas

les ruissellements s'organisent autour de moi pour me contourner et affaiblir leurs effets

la pente est raide ; pieds nus, j'adhère pourtant au sol glaise ; c'est collant et spongieux : je suis dans la bête

l'Ange s'immisce dans le point

écrire, ou l'autonomie retrouvée

écrire, ou l'anonymat exigé

chaque jour nous donne... son lot d'épreuves et de guérisons, sa cargaison d'humeurs et de contemplations

l'ignorance est succincte dans l'ouverture première de celui qui naît

la vigilance alors s'agace des relents d'inquiétude et des vagues de certitude

enfant, laissons faire l'être en toi, laissons advenir le vivant à même ta croissance... dans la sollicitation naturelle et existentielle de l'environnement

rien de 'sauvage' qui ne soit totalement fatal ; rien de 'fou' qui ne soit parfaitement immaîtrisé

la confiance revient, fondamentalement percevante—réceptrice et bienveillante

l'aura primordiale réapparaît dans le relâchement conscient, la détente mobile, le maintien attentif, la grâce mouvante

on avance sur le chemin sans but ; on fabrique en-deçà des projets... un lien à soi-même qui éveille à celui du monde

on apprend à se connaître, et à vivre avec soi

... au gré des aléas, accroché au seul 'point libre' qui nous recueille chaque fois qu'on n'y est pas

je perds mes repères

la solitude, c'est quand l'angoisse, la somnolence ou la migraine nous empêchent d'apprécier le monde en sa chaleur, en sa couleur, en sa valeur

l'aigreur, c'est quand le déluge au dehors nous autorise à légitimer notre enfermement nonchalamment prostré derrière la vitre, ou notre réclusion douloureusement penchée sur l'ordinateur

vous êtes là

je m'imagine 'vissée' quelque part en vous—là où c'est stable et dans l'interrogation permanente de l'enchaînement suivant

en ce moment-même, je m'immerge et me rôde, comme vous, à ce texte qui va prendre forme indocile et temporaire

et je m'endors avant même d'avoir pu vivre l'aboutissement de ma respiration

tout me contrarie ; tout me devient aussi indifférent et indolore... je perds mes repères ; toutes les causes sont belles ; tous les engagements sont fiers ; tous les désistements sont de simples naufrages à pic, loin de toute terre ferme

je m'égare, refoulant la douleur ; je m'échappe, négligeant le malheur

les apparences mentent modérément : je n'ai plus rien dans le coeur... et plus que ma sueur pour exprimer mon ennui

je m'interdis tout du fond de moi-même ; j'envahis le vide et décrète que, même lui, est fini