perdue, rigoureusement 'ici'
et pourtant, en même temps, on sent le vent tourner, l'atmosphère virer, la planète vaciller, le climat péricliter
quelque chose de déstabilisé pointe le bout de son nez
quelque chose de dénaturé se présente, à portée de frisson et de suggestibilité
quelque chose de gigantesque s'apprête à nous accabler
... alors que nous ne sommes encore aucunement à l'unisson préparés
on se grise par surprise et on détourne les conversations, pour subtilement se glisser dans l'illusion
tout fout le camp
réellement, dans le miroir, on ne se reconnaît plus... peut-être, d'ailleurs, ne s'est-on jamais véritablement un jour "connu.e" ?
tout se dérègle au dedans, comme au dehors : les paradigmes changent pour un monde différent—dont on ne connaît rien du potentiel destructeur... ou réparateur
dans tous les cas, on ne croit qu'aux travers des circonstances et qu'aux forfaits des hommes ; ce qui infailliblement prolonge notre doute et augmente notre trouble