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le tout, bien à sa place

marcher... sur les couleurs, les étoffes et les murs, sur les pierres, les ruines et le métal, sur les armes, les os et les chairs

marcher... sans s'arrêter—comme la Vie qui attend un peu de calme ou de sursis, un peu de place ou de temps

l'homme tire ; l'homme aussi respire, visant son alter ego sans soupir

l'autre face à lui saute ou s'écroule... se tait, hurle ou gémit ; on retire les corps ; le paysage survit, avec les stigmates signalant le passage sous tension de la présence tueuse, précise et maniaque

aucun fanatique ; juste des enfants devenus des exécutants, ou des robots... jamais des animaux

restent les marques... de balles, d'obus, de chars et de pas

restent les éboulements des bâtisses sacrées, les zigzags des routes urbaines et le sang des aimés disparus

alors, silencieusement, apparaît la trace, l'indice ou la tâche, reconstituant l'histoire, vive et brève, de l'instant de l'achèvement

cette brutalité finale libère l'âme, la rendant à sa nature blanche immuable

c'est abstrait ; mais, dans nos émotions, cela dure, se forme et s'étire, comme une éternelle suspension

un flottement, une digression, dans le quotidien charnel et bruyant

un moment d'appréhension du sens qui emplit le temps suivant