le sourire, lui, jamais ne s'évanouit

passé du côté de l'ubiquité, dans la résonance en chacun

passé du côté de la connaissance, en son essence inaltérée

passé du côté de l'Ange—sans plus de croyance particulière, sans plus d'obstruction à être

passé dans la douleur de la séparation—de la dissolution informationnelle au rappel temporel, dans l'affection des siens

passé radicalement dans le vide de l'entre-deux, dans le lien de la relation—dès lors que celle-ci encore apparaît

... dès lors que les voiles mentaux ne s'amoncellent plus, et que les opacités se rendent pleinement solubles

en hommage à celui qui fut... un clair, un sobre, un précis, un lucide, un net, un bienveillant, un passeur

celui qui donne élargit son rayon d'existence aux périmètres qui impliquent et rallient généreusement les autres

celui qui transmet disparaît dans le halo qu'il diffuse et infuse au sein de la société, demandeuse et fébrile

son aura est belle

il s'élève dans le vrai—même court, même factuel ; un temporaire reconnu comme tel

l'agonie fut brève, sidérante, harmonieuse—en ce sens que rien ne l'a retenue : aucune aigreur, aucune mémoire, aucun déplacement

ce fut une réalisation... comme parvenue à son ultime stade de maturité, dans le geste final et naturel du fruit sèchement tombé

pourtant un ralenti amortit sa chute et une mousse à terre, couverte de rosée, le fit rebondir dans une eau de lumière

désormais, la Vie suit son cycle, offert au climat, et les proches se recueillent sur une dépouille qui ne fait plus tout à fait 'joie'

chérir, c'est épouser la douleur de ce qui est—puisque nos états conscients supportent mal la nature même de la disparition

ce qui était, n'est plus

ce qui s'éteint se prolonge dans le foie des vivants et dans les nerfs des mortels

la Vie se désagrège dans le Visible, au profit d'une régénérescence dans le Subtil ; le travail change de camp : l'Invisible règle ses comptes et karmiquement évolue en lui-même, à la manière d'un enroulement d'escargot

l'Amour reconquiert des zones-frontières et ré-attache les atomes en une continuité de feu : les Âmes à nouveau se parlent... dans la nudité des visions, dans l'intime des aveux

le Tribunal est au complet

... pas pour juger, autrement que dans la stricte Nécessité divinement acceptée

reconnaître son incomplétude, son ignorance ou sa fermeture, c'est déjà, de l'intérieur, se trouver 'illuminé'

pris par le fond de sa fausse personnalité, l'Etre s'éveille à ce qui fit sa démission, à ce qui structura son immanence et à ce qui révéla son émotion

l'Anima s'exprime par le corps dans le Visible et par l'esprit dans l'Invisible

explosée en son Milieu, l'Anima se laisse paisiblement "aller" : les fluides se redirigent—s'alchimisent et se recomposent ; les données, dont on ne sait ce qu'elles sont, font de même...

Qui sont-elles ? si ce n'est le raccourci de l'Ange—qui lui-même tarde à se lâcher

perdu dans l'automation des attaches psychiques familières, le Karma continue de tourner, de mourir et de se réactiver

sans du tout, dans la ronde samsarique, défaillir, ni s'écraser, le sourire, lui, par contre, jamais ne s'évanouit ; il se stabilise même bien au-dessus... dans les sphères d'inspiration de l'Ether

le sourire flotte tel un agnostique, mystique de sa propre forme—adoucie par le flux des agrumes et rendue presque triste par la vue des infortunes

le sourire regarde tout en vous : il sait et il accueille ce qu'il sait... avec une totale ouverture—mélange de neutralité, de gratitude et de mansuétude

le choc doit être lourd... de voir la Terre reproduire si moultement sa misère et multiplier si effrontément sa colère

la détresse doit être immense... de découvrir l'Hommes si affairé à sa petite condition, sans développer le sens de la communion

la Compassion ne doit pas être arbitraire : elle, qui permet de traverser la plus commune des incarnations, pour en extraire l'empirique et l'Eternel, la chair et la Présence, le socle et la Jouissance

les deux se joignent en un Choeur fidèle, une chorale aux mille aimants... que seule la Mort, cette fracture, remet en question dans l'apparent

je me recueille sous l'arbre pour observer les fleurs violettes renaître au printemps

je ne porte pas le deuil des saisons

les équilibres changent... c'est constant ; la vitalité, elle, demeure... venue d'on ne sait où

je clame mon innocence ! une fois porte close, ce qui sent le sapin me dépose... et quelque chose d'immédiat suit son chemin de rose

alors, je ne me recombine pas ; je garde le repos... même si cela est encore frais

le coeur des gens sera là pour créer les ricochets, au fil des cercles dessinés sur l'eau lisse de ma fin de vie

mes petits-enfants auront-ils compris ?... ces histoires d'adultes qui les responsabilisent, eux

je ne prolonge que ma science—si loin d'être au bout ; je n'avoue que ma peine—ne cédant en rien à l'extinction

vous, que désormais je ne perçois plus, vivez ! pour défaire l'envers et rétablir l'endroit des sentiments et de la raison ! pour dignement allonger ma vieille marche et authentiquement creuser de nouveaux panoramas

je pars

vous restez, pour continuer

ensemble, fermement, ne nous attardons dans aucune illusion !