trop hâte qui vienne le Tantra ; trop hâte de délivrer en moi la Lumière... pour l'irradier, sans plus avec l'autre de crissements ou de pourparlers
et si je n'ai plus rien à dire, qui s'intègre peu ou prou dans la rengaine, je partirai
je m'achèverai... sans sursaut vital—sans soubresaut nerveux, ni plainte cardiaque
l'écrit est ma vie, actuelle ; l'écrit est "mon monde" d'articulation dans le psychique et de jouissance dans le subtil ; il forge ce que je deviens
mon écrit, semble-t-il, ne se partage pas
dans l'atmosphère, seul, sans écho, il s'évanouit et s'épanouit... dans d'autres dimensions
mon écrit n'a pas taille humaine ; simplement, il écoute l'Ange ; librement, il fait descendre et remonter les messages de ma connivence avec 'le monde', dans lequel péniblement je m'insère
... un monde plus grand et plus vivant que celui soupçonné apparemment
... un monde plus fort et plus vigoureux que celui qui épuise nos raisons
j'ouvre les vannes et laisse couler le fluide béni et valeureux : je sais qu'il détient sa vérité—proche de celle du Ciel
alors le sol agrandit sa faille... au jet de chaleur éclatant, au paysage sous-jacent éblouissant
du haut et du bas, des cimes et de la profondeur, se dévoilent les véritables Acteurs de nos vie, en surface réduites à si peu
l'Invisible crie... sublime et limpide
ça craque dans l'univers : ça unifie un organisme en formation ; ça engage une gestation des tissus vivants et une mue des carapaces de protection
pour une renaissance totale des catacombes... une résurrection des coeurs, un appel à la fraîcheur, un cumul des lueurs : Bouddha court sauvagement dans les forêts
Il ne se demande pas pourquoi, mais acquiesce à tout ce qu'il voit
Il débande les archers afin d'en rediriger chacune des flèches—même si les nouvelles cibles, elles, demeurent des mystères bien gardés
quelles sont-elles ? quel avenir pour l'humanité ?... quel bien triste "Radeau de la Méduse" pour des peuples immatures et survoltés ?
l'inquiétude ne perturbe pas Bouddha—sage en sa destinée, confiant en son horizon
imperturbable à l'écroulement des nuages, Il connaît la vacuité : Il se confie à l'instant, à vivre tel qu'il est, dans le doute ou l'illumination—jamais dans la persécution, la victimisation ou le déni
la grâce est un état subtil—que l'on voudrait 'blanc' ; la grâce, en fait, est un état mobile, fluctuant, miroitant, qui synthétise la circonstance des deux côtés de l'écran, et qui la projette vers l'avant, dans un devenir constant
nous ne savons pas véritablement quels pas nous osons pour advenir en dehors des chimères, des erreurs et des sentiers battus
telles des cartes de jeu sur une table de poker, nous les avançons pourtant ; et, bien malgré nous, nous en supportons les improbables effets
sans trop nous en affecter, ni du tout nous en détourner, nous progressons incapables d'imaginer la marque radicale que lèguera notre passé : nos travaux et nos affections, nos constances et nos évolutions, nos traditions et nos effractions
remettre en place les échelles de valeurs, c'est ordonner une hiérarchie qui nous aligne au mouvement cosmique global de l'Harmonie—à la pointe du crescendo thermo-dynamique
le phénomène du chaos est la poubelle de celui de l'unification
les rebuts sont des constats navrants : si nous ne nous fondons pas au choeur des saisons, nous en sommes pleinement—à contre courant
les rebuts se dissolvent dans la non-existence, liée à leur inadéquation dans un contexte latent
... 'disparaître' reste une énigme... pour celui qui, de son vivant, a su faire perdurer le Bien, ou sa traduction, dans un monde perturbé ou éteint
... aura-t-il la chance, par delà la mort, de se retrouver ? ou plutôt, s'abandonnera-t-il à la mouvance de fond d'un Amour inconditionnel sans plus de séparation ?
car les 'unités de conscience' isolées, que nous sommes, sont vouées à l'éphémère de la générativité qui les lie au Vivant—à ses lois et à ses poèmes
elles se constituent en une dynamique émergente à partir d'éléments organiques constituants ; et elles se destituent de même—en contre-ascension, à l'envers des flux et des vibrations
en deçà, plus fondamental et absolument inaltérable, perdure le principe universel de synchronisation—au sein duquel les bribes reviennent pour, ensemble, régénérer une future puissance d'apparition, ou ré-incarnation
l'Amour enveloppe et pénètre toutes les tentatives qui, un jour, voudraient 'naître' à nouveau
ce qui précédemment n'a pas été compris, karmiquement y revient, selon les modalités biologiques de la filiation—consentie ou subie
l'Amour toujours pourtant 'porte' le Feu ; ses armes sont prêtes à favoriser la perception directe : la clairvoyance, mariée à la bienveillance
... pour un pas de plus parmi les vies
... pour un pas de moins parmi les morts
... pour un pas de côté dans son propre sillon, selon sa propre navigation
la création offre le vinaigre et le miel, l'aigre et le sucré, la souffrance et l'expérience
faisant le tour de nous-mêmes, nous devenons entiers ! et privilégiés... porteurs de ce Graal que d'aucun voudrait nous arracher
nos Anges gagnent leurs corps de miséricorde ; nous gagnons nos auras de sagesse pure
... nous nous couplons pour un Himalaya de Visibilité
dans un océan d'équanimité