dernier geste sensible

voici venu le temps du dernier geste 'sensible'... avant l'embrasement

... avant le choix, avant le feu, avant la croix

... avant l'envolement, avant le flamboiement, avant la grâce

avant... plus aucun épuisement ; depuis ici, il faut se l'imaginer

"si la tristesse est conscience d'une absence, la joie est conscience d'une présence", disait l'auteur

le Tantra est Joie ; je l'attends

... telle une Présence en moi—immodérée, fondée, connaissante et frappée !... mais Qui est-elle ?

la Présence ne se ressent que sur l'accord ; on l'acquiesce et on la respecte ; on la laisse tranquille en feintant, ou on l'attise en l'épousant

on la précède, et on se donne à Elle ; après Elle, on disparaît

la modalité "humaine" est enfreinte : on devient "spirituel"... pourquoi ? parce que "joyeux", on ne peut l'être seul, et que notre altérité dans la Joie est une autre Joie—elle-même tirée du Ciel

la Joie se déclenche à la croisée des axes entre l'ego et le Soi, et soi-même et autrui : l'autre Joie—qui nous permet de nous ouvrir à notre Soi au sein de notre propre Joie ; tandis qu'inversement, par le déversement joyeux de notre Soi, on accède à l'apparition, en l'autre, de la Joie

là est la Joie dans la Joie

là est la réciprocité dans l'élévation première

la Joie est le témoin du Soi—qui ainsi se présente sous son jour le plus 'heureux' et le moins mystérieux

... le signe de l'accès incarné à nos dimensions les plus inconnues, dès lors que la Synchronie s'établit entre tous les acteurs et sur tous les niveaux

... le symbole de l'émergence, et de sa puissance, quand celle-ci résulte d'une mise au diapason de fond, directe et universelle

l'Inconnu ne l'est plus : il s'immisce dans les manifestations humaines et se fond dans le décor terrestre : il répand une formalisation rendue préhensible, sensitive et jouissive

l'Inconnu inonde les champs psychiques et physiques d'Information Réparatrice, dans le sens du bien-fondé de la Vie

l'Energie se décuple en rebondissant en elle-même : l'Energie se rencontre en sa profondeur et se révèle en son éclair ; nos miroirs en sont le relais

une seule Source, à tous commune ; un seul Travail, à tous familier—chacun selon sa spécificité ; une seule Oeuvre : celle de la maturité—celle de la collectivité et celle de la Divinité

... toutes deux diablement 'encastrées' !

je m'élève dans l'Ensemble

par moi, et par mon frère, l'Ensemble fait choeur, mute ses propriétés principielles et, par là, bascule de 'cercle créateur', vers une ronde supérieure

ainsi, l'Ensemble, initialement constitué d'éléments organiques dynamiquement inter-reliés, se transforme en Sujet sentient, puis en Self conscient

ainsi, l'Ensemble graduellement s'énergétise jusqu'à n'être plus que ressentis, vibrations et fluctuations

la Matière, au service de l'Information, se trouve métamorphosée en un Corps de Lumière, libre et souverain

... relatif et absolu, tout HUMAIN et tout DIVIN

on le cherche 'ce corps-là', cette manière de s'habiter soi et de se découvrir : ultime "lien" entre le Haut et le bas

la radicalité vient du mélange entre des aspects de la réalité apparemment fondamentalement dissociés, et pourtant mutuellement co-contraints en un jaillissement unique fait de l'assemble des deux synchronisés

'le trois', c'est le Tout—en une disposition différente des deux premiers, à la fois plus complexe et mieux synthétisée

'le trois' guide l'évolution, dans une tension amoureuse globale entre les agents : il est le ciment intra- et inter- niveau.x

'le trois', dans l'Amour, lie le Tout... en en accordant toutes les parties et sous-parties, dans l'élan d'un seul mouvement ascendant

... vers Ce Qui Nous Tend—qui nous abreuve et nous nourrit ; qui nous rafraîchit, nous polit et aussi nous affûte, nous brûle ; qui nous anime !... dans l'aspiration magistrale à ce nous-même 'plus grand' que déjà l'on connaît

car, de dessous les couches recouvertes de 'persona', on se connaît déjà

si l'on y descend, alors on s'aborde un peu comme une langue morte... que l'on se remet à parler et à vivifier, dans un tonnerre d'étonnement et de reconnaissance

ENFIN, ON S'EST SOI-MÊME 'TOUCHÉ'

enfin, dans la grande dimension, on identifie... et sa voie, et son action : et on les fusionne dans l'intelligibilité de sa mission—du quoi, du pourquoi et du comment

je me couche auprès de moi-même—en patientant pour ce genre d'extraction, sans emportement, ni illusion

qu'adviennent nos Anges par les canaux : à l'autre bout, je les entends à notre encontre murmurer des mots doux et susurrer les poèmes du Père

... dans des modes de transposition éphémères

... via des messages codés aux pouvoirs réfractaires, si on ne les laisse pas, en soi, longuement 'infuser' et, dans chacun de nos organes, lentement 'se distribuer'

chaque expression de l'Ange est une Harmonie gagnée sur l'ignorance, la passion et l'agression

chaque don de l'Ange est tout sauf un poison contre la vision

bien au contraire, chaque descente est une antidote aux misères de l'homme et aux malversations de l'univers : elle éclaire... et Ajna, et Anahata, et Svadhisthana ; et la tête, et le coeur, et le ventre ; elle aligne ce qui désormais en Dieu peut 'faire expérience'

c'est tranché : de tout mon être et en tous lieux, je m'ajuste, pour naître à la Nature Qui Est et féconder les fruits dans ma main—que je referme

j'en sème les graines, tout en me transportant moi-même : je deviens les graines—ma Conscience se situant dans le geste simple et liant entre moi—mon cerveau, mon corps, et l'environnement

alors, j'adviens dans le corps des autres—avec lesquels par la Présence je me marie

et ma Conscience me survit