les murs sont froids
les artères sont calcinées ; leurs gangues épaisses sont grossies, puis brunies
les tortues, recroquevillées à l'intérieur de carapaces consumées, désespérément tentent de se survivre
en se repliant, en se serrant, en se blottissant, en se concentrant... autour d'un noyau imaginaire, coeur de leur dureté à être
elles tiennent au Vivant, en végétant dans un entre-deux mi vital, mi agonisant
seront-elles là demain ? tout comme toutes les autres créatures de la garrigue entraînées dans la danse du feu, leur âme-nature a-t-elle souffert autant que leur corps offert ?
leur don... pour un humain, rien qu'un humain... défaillant, ignorant, veule et malsain
un simple mégot de cigarette enflamme le papillon, et atteint le centre de la terre, en ce qu'il congestionne l'extinction
ici, les murs sont froids
seule, j'appréhende le monde, et la Vie éclate et s'éteint ; la communauté, dissipée, ne répond plus ; l'altérité se couche comme le sable du désert ; entre mes doigts, elle file toujours plus vers l'avant