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sauf si l'Amour peut porter...

rien ne progresse, ni ne fonctionne ; tout est plus clair, plus léger et plus percutant—dégagé de l'engoncement, libéré de l'enfoncement

je trie mes chaînes

elles me ramènent à un monde autrement fabriqué, à une autre moi-même, que celle que je suis devenue au prix des renoncements

... dans l'affolement constant ! dans l'absence d'amertume cependant

ceux que l'on croyait connaître, déjà alors étaient différents : davantage remplis de relation qu'on ne se le disait à l'époque ; même si pourtant on se souvient avoir su... l'attachement profond

nos cases mentales forment un kaléidoscope fragile, qui s'agite sans se stabiliser

avoir vécu tout cela—sans comprendre ce qui, en ce temps-là, faisait vraiment loi ! on n'en revient pas...

les reconfigurations s'agencent ; les fossés se comblent ; les bribes se côtoient : elles hésitent encore à glisser dans le ciment

une photo, une seule, argentée, résume bien ce voyage : un canal bordé d'arbres aux cimes vers lui lourdement pliées

sur-réelle—une image de fond, une image de plomb ; une image triste... emprunte de mélancolie assumée, teintée de monotonie endurée—tout juste murmurées

combien de pierres blanches ?

l'homme n'est pas fou ; il ne rêve pas non plus ; l'homme s'illumine au contact de sa réalité intime

l'homme se creuse en sa dimension teintée de coupures abjectes et de temporaires sublimes

il danse au-dessus d'une fosse invisible aux mortels

il serpente parmi les âmes errantes—toutes indigènes en nos contrées recluses

les déserts y sont des refuges pour s'y suspendre incognito

l'ouvrage de l'homme le trahit par le nombre de pierres déterrées de sous le sable brûlant

combien d'impacts sur les arbres ? combien de vies sous les coups ?

l'homme alors devient fou... il s'accapare le soleil pour s'aveugler, retiré aux yeux du monde

l'homme alors tourne sur lui-même en une chorégraphie chaotique et surprenante : il appelle les voix qui ne lui répondent plus

"êtes-vous là toujours ? dois-je vous craindre ? vous êtes-vous dissipées ? dois-je vous plaindre ?"

l'homme regarde la tête-en-bas ; à l'envers de lui, les pieds ancrés dans le ciel, il est bien plus à l'aise : correctement érigé, il marche à grands pas, se décapitant même le cou pour dissiper le mal