tout est éteint... tendrement ; tout se survit... patiemment : un coeur et ses battements
je vois les vaisseaux et le sang... la texture blanche du muscle, nervuré de rouge éclatant
je baigne dedans ; je palpite en son intérieur survivant
... c'est un coeur qui veut se prolonger en son mouvement—irrégulier et inquiétant
les contractions sont puissantes et hiératiques : on les appelle 'extrasystoles' ; j'en fais
c'est le moment cru du doute... entre la mort et la vie
c'est le moment cuisant de l'affront, avant la débandade : on nous parle ; face à nous, s'expose le champ de bataille, avec ses soldats et ses chevaux, ses mitraillettes et ses canons ; encore... en veut-on ?
on se fatigue des amours qui hautement se vivent telles des luttes—avec nous, au milieu, comme bouc-émissaire consentant
s'engager pour la vie, c'est se refermer à l'envie... basique ou de première automation—celle qui souvent finit dans le caniveau
c'est sans cesse 'se hisser'... au-dessus de soi, dans sa persona ; parfois même cela peut être 'ne plus s'habiter' : ne plus s'éprouver dans son corps, ne plus s'actualiser dans ses chairs, ne plus atteindre nulle part—ni du haut, ni du bas