l'homme n'est pas fou ; il ne rêve pas non plus ; l'homme s'illumine au contact de sa réalité intime
l'homme se creuse en sa dimension teintée de coupures abjectes et de temporaires sublimes
il danse au-dessus d'une fosse invisible aux mortels
il serpente parmi les âmes errantes—toutes indigènes en nos contrées recluses
les déserts y sont des refuges pour s'y suspendre incognito
l'ouvrage de l'homme le trahit par le nombre de pierres déterrées de sous le sable brûlant
combien d'impacts sur les arbres ? combien de vies sous les coups ?
l'homme alors devient fou... il s'accapare le soleil pour s'aveugler, retiré aux yeux du monde
l'homme alors tourne sur lui-même en une chorégraphie chaotique et surprenante : il appelle les voix qui ne lui répondent plus
"êtes-vous là toujours ? dois-je vous craindre ? vous êtes-vous dissipées ? dois-je vous plaindre ?"
l'homme regarde la tête-en-bas ; à l'envers de lui, les pieds ancrés dans le ciel, il est bien plus à l'aise : correctement érigé, il marche à grands pas, se décapitant même le cou pour dissiper le mal