un jour sous la pluie

un jour sous la pluie

un jour sans doute, sans chagrin, sans maison, sans famille, sans but, ni chemin

un jour de naissance dans le lien et dans la joie, dans le soin et dans la foi

ce qui relie fait émerger et le un, et le deux... et le trois—tous ensemble, dans un devenir d'autonomies synchronisées

ce qui fait l'assemble est essentiellement rythmique, au sens où cela s'inscrit dans le rapport que l'on a au Temps : dans la manière que l'on a de s'incorporer cellulairement et vibratoirement dans l'espace de notre vivant

ce qui fait que l'espace existe permet aussi le développement d'une histoire dans le Temps

qu'est-ce qui fait que l'espace existe ? c'est la souplesse oscillatoire de l'entre-deux ; c'est la dynamique co-générative entre les points : le sans-fondement, qui n'est que 'relation'

l'origine est 'relation'

dans un élan ascendant, les modalités relationnelles entre les agents d'un même niveau sont à l'origine de propriétés dites-émergentes

à la manière d'une boucle réflexive, descendante, simultanément, ces mêmes propriétés transfigurent la nature du 'couplage structural' -racine

le Tout, holistique, converge et s'unifie en sa pointe, et diverge et s'éclate en sa base

quelque chose de l'ordre de l'introuvabilité lie les niveaux entre eux dans leurs différences de nature

via l'avènement des propriétés, l'Information se glisse progressivement dans l'organisation des constituants liés

paradoxalement, le lien est une vacuité—la possibilité d'une articulation dans une portion de vide ; le plein se réalisant via l'évènement, fugitif et essentiel, surgissant entre deux substances situées

l'accès au fond primordial n'est que la résultante de niveaux d'accroches successives—chaque cran transformant la somme de ses parties en un Tout de nature nouvelle par rapport au précédent : ainsi, petit-à-petit, l'information immatérielle se formalise-t-elle dans la complexité organisationnelle d'éléments au départ matériels

les ponts physiques sont vivants

les expériences émotionnelles en sont l'émanation

vivre est permis dans l'interstice des dimensions qui se frottent ; l'espace naturalise le phénomène en l'introjectant dans l'élasticité temporelle, et en le faisant apparaître au niveau des ponts

ce faisant, le présent-conscient se sophistique dans l'avènement d'enveloppes auriques, signatures de l'Ange

nous sommes pétris de liens magnétiques et biologiques qui nous font tenir l'harmonie de notre 'corps vécu'—subjectivé en une qualité différente du karma physique, propre à la mécanique apparente du dessous

c'est comme cela que l'on échappe temporairement à nos contingences, par la matière lourdement conditionnées

c'est aussi comme cela que l'on s'incarne définitivement dans nos ancrages, à l'empreinte rendue directement cognitive

les couplages structuraux permettent aux entités de se connaître sous un mode intégré—au sein de réseaux dilatés

du point-de-vue de la profondeur, tout se retrouve interconnecté et co-dépendant, intriqué et aspiré... dans la liberté de soi et dans celle de l'autre

'autonomies' symbiotiquement inter-générées

l'accès au Nouveau advient quand le lien d'interpénétration couple ce qui ensemble se combine en une fonctionnalité de grade plus élevé

permettant la prise en compte globale des intégrités en présence et en mouvance

c'est un jeu instable, un tapis soluble dans le vent—la constance de liaisons impermanentes dans le flux ambiant, dominant

c'est une magie ordinaire qui implique toutes les sphères, échantillonnant toutes les ascendances et toutes les descendances

c'est un toboggan de fluidité selon une cascade de disparités et de singularités

les choses tiennent en vis-à-vis ; les choses se construisent en mutualisant leurs ressources et leurs épuisements

les choses se contraignent en se lissant dans un Tout commun, innovant

les choses s'effondrent d'isolement dans des miroirs tristes et éteints

la Joie revient dès lors que ce moment du lien est porté par le corps dans les remontées de l'organique

la Joie revient dès lors que les descentes spirituelles s'expriment au coeur des cloisonnements, synchronisant les divergences

... alors l'élévation, dans toute sa force, apparaît

... alors le liant devient texture principale, et change de nom : l'Amour s'empare des habitants d'une même couche de singularités

l'Amour saisit la Mer en un mouvement temporaire, expression de la respiration entre les gens

l'Amour remplit la Mer en son espace soutenant, parsemé de points, libres en eux-mêmes

les flux deviennent l'espace même, rempli de suites d'événements entre-tissés dans la flexibilité temporelle

les trames s'enflamment, se rétractent, au gré de la force de l'occurence surgissante

les disparitions créent le vide nécessaire à l'emplissement, au fil des futurs déplacements et apparitions

il y a constante régénération de l'existant

le substrat de notre sphère en évolution, l'est au fur et à mesure de bouleversements qui en complexifient et en re-naturent la constitution

l'expansion spatiale permet la formation de l'être, au dedans de marées cadencées

la vacuité sans fond permet l'expression de l'Ange, au milieu des liaisons qui le substantialisent

l'Ange, toujours présent, sourit