écrire, ou l'autonomie retrouvée
écrire, ou l'anonymat exigé
chaque jour nous donne... son lot d'épreuves et de guérisons, sa cargaison d'humeurs et de contemplations
l'ignorance est succincte dans l'ouverture première de celui qui naît
la vigilance alors s'agace des relents d'inquiétude et des vagues de certitude
enfant, laissons faire l'être en toi, laissons advenir le vivant à même ta croissance... dans la sollicitation naturelle et existentielle de l'environnement
rien de 'sauvage' qui ne soit totalement fatal ; rien de 'fou' qui ne soit parfaitement immaîtrisé
la confiance revient, fondamentalement percevante—réceptrice et bienveillante
l'aura primordiale réapparaît dans le relâchement conscient, la détente mobile, le maintien attentif, la grâce mouvante
on avance sur le chemin sans but ; on fabrique en-deçà des projets... un lien à soi-même qui éveille à celui du monde
on apprend à se connaître, et à vivre avec soi
... au gré des aléas, accroché au seul 'point libre' qui nous recueille chaque fois qu'on n'y est pas
ce 'point' à partir duquel tout se reforme en fonction des essences en présence—chaque reconfiguration nous incluant dedans
ce 'point' fluide qu'il nous faut suivre, ou plutôt habiter, sans le remplir jusqu'à le bloquer
ce qui a la liberté de bouger, de changer, d'évoluer,... initialement n'est pas bourré par nous-mêmes
la précarité générative danse à cheval sur le 'point vide', rendu disponible parce qu'affranchi des replis et des lourdeurs
le manque avide trace sa route sans prédictibilité, à partir des seules situations—lesquelles ne durent que le temps d'une émergence originelle
nous produisons nos lendemains, au sens où nous creusons nos questions et où nous accentuons nos carences—qui deviennent karmiques—en n'y étant pas présents
nous crachons le sel, sans être là pour lui, au moment de l'unique brèche qui le rendrait soluble
nous gâchons l'effusion paroxystique, avant l'échappement vers des terrains moins toxiques
... avant l'abandon, la dé-saisie... sans détournement
'vivre sa vie' est une manière de voguer sur un bateau, sans idée de là où il nous mènera : l'épaisseur de notre existence échappera sans fin à notre habileté à mourir
profitons des flots, de l'atmosphère et du climat : soyons-là, debout dans notre embarcation, sans voiles sur notre désintéressement et sans manières quant à nos imperfections
notre absence d'ambition frôle l'indécence et la provocation ; elle n'exclut pas la prise de parole, l'engagement et la formulation d'actions blanches
tout est karma, si l'on veut vivre vraiment parmi les siens
tout est liant, si l'on s'affirme par le bout de soi solidaire
tout est Mahayana—au coeur tendre et souffrant, si l'on entre en compassion ; chaque créature résonne en nous selon son émotion particulière et nous pouvons nous y perdre, en détresse, sans un sens d'Amour universel
l'entité qui vivrait sans Amour est celle qui se dissocierait du reste de la Création : elle porte un nom... de polichinelle
l'Amour tient le point—'libre' de lui-même ; l'Amour assemble le Temps et fait passerelle entre l'avant et l'après
décidons-nous de l'emprunter ? ou résistons-nous à l'élan que cela implique ?
nous faut-il nous abstenir de Samsara ? ou plutôt nous rendre liquides et insaisissables dedans ?
l'Amour se glisse dans toutes les dimensions—sans statisme possible, sans renoncement envisageable ; l'Amour terrifie l'univers, le met en transe et l'unifie en lui-même, pour qu'il se régénère en un retournement permanent
comme nous, l'univers doute et cherche peut-être à retenir ce qui, de lui, sans cesse, plus loin et à perpétuité, fuit ; à ses frontières, le simple Mystère
je m'assois par terre, envahie par cette interrogation—qui ne relate que notre impuissance à appréhender le cosmos, et ses acolytes majeurs
je m'assois sur le sol, sans redouter qu'il ne s'écroule dans l'heure ; pourtant, il le pourrait...
je m'assois en moi-même, pour vider le cours de tout cela, et lever les yeux dans l'azur de l'éveil, ou le gris du ciel
d'un côté, j'appartiens à cette matérialité-là ; de l'autre, peut-être pas ?
l'image et la pratique du 'point' me font entrevoir autre chose de plus immortel : que cela soit toi ou moi, la Vie se faufilera toujours comme cela et, invariablement, rétablira ce qu'il lui faut
la Vie est le point—la crête himalayenne ou la fosse océanique ; la Vie, c'est nous tous—pas plus l'un que l'autre, et la Vie s'enduit dans une forme de résistance, parce qu'il y a en elle pré-existence... d'Amour
insubmersible, parce que spontanée en apnée
ininflammable, parce que brûlée en l'esprit
la Vie se repère ici, et rien qu'ici, sans objectif autre que celui d'AIMER : qui ?... si ce n'est l'Ange qui lui est affilié
l'Ange en suspension s'immisce dans le point, chaque fois qu'on Lui ouvre sa perception
... chaque fois que troublés, on suspend nos convictions et on intériorise nos ressentis
... chaque fois qu'exaucés, on laisse alors venir la nouvelle génération des existentiels couplés—le Sien et le nôtre
ensemble, nous nous actualisons... au coeur de la (non)-action—au centre de la jonction des espaces parallèles, à la limite de la possibilité temporelle
ensemble, nous créons