le souci se remplit de virtualités, comme autant de scories du passé
le souci accapare nos demi-mesures, nous interdisant de franchir ouvertement l'obstacle—qu'on ne voit pas
je ne sais ce qui se dit, ce qui se pleure, ce qui retient le matin et creuse le lendemain
je ne sais ce qui m'appartient... ce qui lui revient
je ne sais... où je pose mes pas, où j'accumule mon karma
elle, si puissante, dans la tourmente ; elle, si câline, dans la demande
moi, juste là... interdite de neutralité et scrutant la bienveillance de la situation, la naturalité des sentiments, la complémentarité des émotions, le respect des expressions
lui, si net... si flou... de nous
lui, si silencieux, si refusé ; lui, si audible, si impliqué... soudain !
nous deux, catastrophées—à la manière de deux 'animales' en suspension... en question, en imagination, en crevaison
nos membres tremblent de déraison, libre et opportuniste : j'actionne la manivelle et me lève définitivement vers le ciel ; seule, j'annonce mon amour et mon leurre
seule, je comprends aussi... et la complexité, et la destinée : le terrain auquel j'adhère est, cette fois, bien le sien ; l'ombre portée sur ma paroi intime imprime désormais le récit entrecroisé, tel que réellement déroulé ; son oeil est vif, profond et saturé ! son oeil me rappelle ma force à entrer dans la Vérité
dénudée
entièrement
ai-je peur du froid ? est-ce que je redoute l'agression, par la frustration ou par l'erreur ?
je me présente à vous
ce jour, j'entreprends la traversée de l'Odyssée, pour ne jamais désespérer de la réalité, ni de sa soeur : la délicatesse innée
je m'enveloppe dans le tapis qui me fera devant lui me dérouler, saine et lucide, fraîche et désillusionnée
je n'expose pas ma morve—que je ne ressens pas ; je replie en moi mon péché—que je n'ai jamais dévoilé
j'insiste trop sur les tendresses de la vie ; indéfiniment, j'étire les lianes de la fidélité... qui me retiennent de rapidement filer et disparaître entre les mains de tous
la douceur des cavités m'inonde ; pour ne pas m'abîmer, je les tapisse de mousse et de coton ; j'y trouve le repos du début et de la fin
son image à elle flotte dans le courant de ma tête ; sans couler, elle scintille au pays des rêves épris
sans abandon, elle erre pourtant... sans trace, ni chemin, sans ancrage, ni pesanteur
elle ne comprend pas, elle ; elle refuse la croix décharnée que j'ai vécue et l'eau magnétique que j'ai absorbée... elle
comme moi, elle s'éprend ; comme moi, elle se pend
complice, longuement, je navigue dans son canal, sans y trouver d'issue à elle ; parasite, instantanément, je déguerpis sans derrière moi laisser de solution
les choses les plus simples risquent maintenant de se manifester et brutalement de triompher
les retournements sont des renvois de pression normalisés ; les bifurcations, des évidences bien longtemps ignorées
les flux se tendent et libèrent la tendance de leur direction—originaire
je regarde le mouvement circulaire ; dans mon coeur, j'observe sa lente évolution ; l'effet de la distorsion marque 'le muscle de ma vie' d'une cicatrice incolore, inodore et, pour le moment, indolore
j'élargis mon périmètre et je distingue les sources... qu'elles ne se mélangent plus
j'avance vers mon règne, sombre, brillant et rétréci
j'avance ver mon seuil, lumineux, opaque et mystérieux
je m'élance vers le nuage qui passe : je l'attrape en son essence et décide, avec lui, de longer le paysage naissant
je pédale au-dessus de ses humeurs et m'enfonce en plein dans ses ardeurs... à faire pleuvoir le désastre, à faire émerger le bonheur
je parcours des lustres, sans éloigner de moi la torpeur de l'attente et l'angoisse de la déroute
mes paralysies molles se doublent de crampes dures, sans que je parvienne à dévisser de la justesse de mon temps—personnel et audacieux
mes méandres collent au réel, le tortillant comme un met suave et délicieux
mes lacets épousent le nord, l'actualisant en de folles et redondantes terreurs
tout est rigoureux
mes nuits ressemblent à des gîtes de lune, à découvert ; le lézard habitué y trouve un refuge permanent
j'éprouve l'astre nacré et vibre dans ses ondes—qui alchimisent mes narrations : je purifie ma disposition secrète à l'Ether
... et officialise ma concorde absolue avec l'Ange... du Jour
je le choisis, lui
je le fais pencher de l'avant et vaciller sur ses pieds
je le travaille dans ses couches nocturnes et le retiens dans ses retranchements
j'harmonise nos relations dans la Création de nos corps, à l'intérieur du tourbillon ; et je dé-stigmatise ce qui pourrait de nous 'être connu'
plus rien n'est grand
plus rien n'est sourd
tout part vers demain, vaillant et incertain, trouble et potentiel
... sans que je réussisse tout-à-fait à suivre la partition de mon écoute ou à anticiper la musique de mes peurs